ACGT/Tanganyika : mission de suivi technique du projet routier Kalemie–Manono

Une mission de suivi technique conduite par l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) sur le projet routier Kalemie–Manono a permis d’évaluer l’état d’avancement de la première phase des travaux. Sur un linéaire total de 426,323 kilomètres, allant de Kanteba à la ville de Kalemie, le taux d’exécution physique global est actuellement estimé à 85 %, traduisant une progression significative des principales composantes du projet.

Dans la province du Tanganyika, le projet routier Kalemie–Manono poursuit ainsi sa mise en œuvre avec des avancées notables. Dans le cadre de ses missions de contrôle, de suivi et de surveillance technique, l’ACGT a récemment effectué une descente sur le terrain afin d’apprécier l’évolution générale du chantier, de vérifier la conformité des travaux exécutés et d’évaluer l’état d’avancement des différents ouvrages prévus au titre de cette première phase.

Les constats effectués sur le terrain font ressortir une progression importante sur plusieurs postes majeurs. Sur l’ensemble du tronçon inspecté, le dégagement de l’emprise atteint désormais 392,217 kilomètres, soit un taux de réalisation de 92 %. La couche de forme affiche, quant à elle, un linéaire exécuté de 377,76 kilomètres, correspondant à 88,61 %, tandis que la couche de fondation totalise 280,776 kilomètres, soit un niveau d’exécution de 65,86 %.

Ces résultats témoignent de l’avancement progressif de la plateforme routière et de la consolidation des différentes couches constitutives de la chaussée. Ils permettent également de mesurer l’ampleur des travaux déjà réalisés sur cet axe de grande importance, tout en mettant en évidence les sections sur lesquelles les efforts doivent être poursuivis afin d’atteindre les objectifs fixés pour la première phase.

Une progression soutenue des ouvrages d’art et d’assainissement

La réalisation des ouvrages d’art constitue également un volet essentiel du projet. Sur les six ponts prévus, cinq ont déjà été réalisés, représentant un taux d’exécution de 83,3 %. Ces ouvrages jouent un rôle déterminant dans la continuité de l’itinéraire, particulièrement au niveau des cours d’eau et des zones présentant des contraintes hydrologiques importantes.

Parallèlement, les travaux liés aux ouvrages hydrauliques connaissent eux aussi une évolution appréciable. À ce jour, 262 dalots et buses sur les 285 prévus ont été exécutés, soit un taux de réalisation de 92 %. Ces infrastructures sont indispensables pour assurer l’évacuation correcte des eaux, limiter les risques d’érosion et d’inondation de la chaussée et garantir la durabilité de l’investissement routier, notamment pendant les périodes de fortes précipitations.

La mise en œuvre du projet bénéficie notamment de la participation de plusieurs entreprises de travaux, parmi lesquelles CREC-7, ZHENGWEI TECHNIQUE COOPERATION SARL et QIAOYANG, mobilisées sur différentes sections et composantes de l’axe Kalemie–Manono. La coordination des interventions demeure un élément déterminant pour assurer la continuité des travaux, le respect des exigences techniques ainsi que l’atteinte des objectifs contractuels.

Un axe stratégique pour le désenclavement du Tanganyika

Au-delà de sa dimension purement infrastructurelle, le projet Kalemie–Manono revêt une importance stratégique majeure pour la province du Tanganyika. Cet axe vise notamment à améliorer durablement la mobilité des personnes et des biens entre Manono, Nyunzu et Kalemie, tout en contribuant au désenclavement de nombreuses localités traversées.

L’amélioration de cette liaison routière devrait favoriser une meilleure accessibilité des zones rurales et des bassins de production, réduire les contraintes liées au transport et améliorer les échanges entre les différents territoires de la province. Elle devrait également contribuer à réduire les temps de parcours, faciliter l’approvisionnement des centres urbains et renforcer la circulation des produits agricoles, commerciaux et industriels.

Dans une province caractérisée par de longues distances et par l’existence de plusieurs zones encore difficilement accessibles, la modernisation de cet axe constitue ainsi un levier important pour renforcer la cohésion territoriale et rapprocher les populations des principaux centres administratifs, économiques et sociaux.

Une infrastructure au service du potentiel minier et économique régional

La route Kalemie–Manono est également appelée à jouer un rôle majeur dans la valorisation du potentiel minier de la province. Le Tanganyika dispose en effet d’importantes ressources naturelles, parmi lesquelles figurent notamment l’or, la cassitérite, le colombo-tantalite, le wolframite, le spodumène, le lithium, le fer, le charbon, l’uranium, le plomb, le zinc et le niobium.

La province dispose également de ressources pétrolières ainsi que de plusieurs sources hydrothermales, autant d’atouts susceptibles de contribuer à son développement économique, à condition de disposer d’infrastructures de transport adaptées.

L’amélioration de la liaison Kalemie–Manono devrait ainsi faciliter l’évacuation des produits miniers et autres marchandises vers Kalemie et, au-delà, vers les différents circuits de commercialisation et d’exportation. Elle pourrait également favoriser l’implantation de nouvelles activités économiques le long du corridor, encourager les investissements et stimuler le développement des petites et moyennes entreprises locales.

À terme, cette infrastructure devrait également contribuer à renforcer les échanges avec la Tanzanie, en améliorant la connexion du Tanganyika avec les corridors et réseaux de transport régionaux. Grâce à sa position géographique et à son ouverture sur le lac Tanganyika, la ville de Kalemie constitue en effet un point stratégique pour les échanges avec les pays voisins et pour l’intégration progressive de la province aux circuits économiques régionaux.

Une dynamique à consolider jusqu’à l’achèvement de la première phase

Avec un taux d’exécution physique global estimé à 85 %, la première phase du projet routier Kalemie–Manono affiche aujourd’hui une progression importante. Les niveaux atteints dans le dégagement de l’emprise, la réalisation de la couche de forme, des ouvrages hydrauliques et des ponts témoignent de l’avancement substantiel du chantier.

La poursuite des travaux devra toutefois permettre d’accélérer l’exécution des composantes encore en retard, en particulier la couche de fondation et les ouvrages restant à finaliser, tout en maintenant une attention soutenue sur la qualité technique, le respect des normes, la sécurité du chantier et la durabilité des ouvrages réalisés.

Une fois achevé, l’axe Kalemie–Manono devrait constituer l’une des infrastructures structurantes du Tanganyika. Il est appelé à contribuer durablement au désenclavement de la province, à l’amélioration de la circulation des personnes et des biens, au développement des échanges commerciaux, à la valorisation des ressources naturelles ainsi qu’au renforcement de l’intégration économique régionale.

Avec Nana Esiyo & Mayengo Matondo Dan-Chris.