Le samedi 2 mai 2026, le chantier du projet des Rocades de Kinshasa a reçu des étudiants de l’Institut National du Bâtiment et des Travaux Publics (INBTP) pour une visite pédagogique. Ces apprenants ont été édifiés sur les enjeux, les techniques et l’état d’avancement de ce vaste projet d’infrastructure routière, destiné à fluidifier la mobilité urbaine dans la capitale.

Une délégation d’étudiants de l’INBTP a effectué une visite guidée sur le chantier. Cette descente sur terrain, encadrée par la mission de surveillance de l’ACGT, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités pratiques des futurs ingénieurs.

Au point kilométrique PK12+200, le Chef de Mission a présenté de manière globale le projet des Rocades. Il s’agit d’un ambitieux programme de construction d’une route périphérique ceinturant la ville de Kinshasa en formant une boucle complète. Dans sa première phase, les travaux ont été lancés sur la rocade Sud, longue de 73 kilomètres, subdivisée en deux sections principales : la rocade Sud-Ouest et la rocade Sud-Est. Ce projet vise notamment à améliorer la fluidité du trafic, désengorger le centre urbain et faciliter les déplacements entre les différentes zones de la capitale.
Poursuivant la visite au PK12+740, les étudiants ont découvert un ouvrage d’art majeur : un pont de 120 mètres de longueur, composé de quatre travées de 30 mètres chacune, reliant les villages Nsabuka et Mfuti. L’infrastructure est réalisée en béton armé, tandis que la superstructure repose sur des poutres en béton précontraint.
Ces poutres sont préfabriquées dans un atelier situé au PK13+500, avec un béton de classe C50. Une fois que ce béton atteint 85 % de sa résistance caractéristique, les ingénieurs procèdent à la post-tension des câbles, afin d’introduire un effort de compression interne et d’optimiser la performance mécanique de l’ouvrage.

Au PK15+300, le Chef de Mission a apporté des éclaircissements techniques sur la stabilité des talus. Il a expliqué que la pente d’un talus dépend de plusieurs paramètres essentiels, notamment la nature du sol (cohésion et angle de frottement interne), les conditions hydrauliques ainsi que la hauteur du talus. La prise en compte de ces facteurs est déterminante pour prévenir les risques de glissement de terrain et d’érosion.
La visite s’est poursuivie au PK21+173, site de l’échangeur de Mitendi, point stratégique d’interconnexion entre la rocade Sud-Ouest et la rocade Sud-Est. Cet ouvrage complexe comprend des murs de soutènement en voiles et une infrastructure organisée sur trois niveaux.

Le premier niveau assure la continuité de la Route nationale Kinshasa–Matadi, avec une section en tunnel permettant de relier les deux rocades. Ce tunnel intègre également des voies secondaires facilitant les changements de direction, notamment pour les usagers en provenance de la rocade souhaitant accéder à la RN1. Le deuxième niveau est conçu en saut-de-mouton, garantissant la séparation des flux de circulation et améliorant ainsi la sécurité routière. S’agissant de la rocade Sud-Est, le Chef de Mission a également présenté le plus long pont du projet, d’une portée de 180 mètres, illustrant l’envergure technique de l’ensemble des travaux. Il s’agit du pont Lukaya, dont les travaux de pieux sont terminés et qui est en attente de la pose prochaine des poutres.

La visite s’est clôturée à la base-vie de CREC4 (COVEC), où les étudiants ont bénéficié d’explications complémentaires sur des projets similaires réalisés à travers le monde. Il convient de souligner qu’au cours de cette immersion, les étudiants ont posé des questions pertinentes, auxquelles la mission de contrôle a apporté des réponses jugées satisfaisantes. Cette interaction a suscité un vif intérêt et a conduit les étudiants à saluer la qualité de l’encadrement ainsi que l’engagement des autorités de l’Agence Congolaise des Grands Travaux dans la réalisation de ce projet d’envergure.
Johnny KAPANGALA.
