Érosion à Kasangulu : Le ministre des Infrastructures salue la réactivité de l’ACGT

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Un mois après les pluies diluviennes qui ont provoqué une importante érosion à l’entrée de la cité de Kasangulu, dans la périphérie de Kinshasa, le ministre des Infrastructures et Travaux Publics, Alexis Gisaro, a effectué une visite d’inspection sur le site. Il a salué la réactivité de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), qui a permis de stabiliser la situation à près de 90 %.

Accompagné du Directeur Général de l’ACGT, Nico Nzau Nzau, le ministre a reçu des explications détaillées sur les travaux d’urgence entrepris. L’opération a mobilisé plus de 1 020 camions de 23 tonnes chacun pour combler l’énorme cavité causée par l’érosion. Une solution temporaire de drainage a été mise en place à l’aide de bâches, en attendant la construction, pendant la saison sèche, d’un collecteur d’eaux pluviales pour canaliser efficacement les eaux vers un point bas.

1.⁠ ⁠Prévention sur la RN1

La prévention sur la RN1 demeure une priorité pour l’ACGT. L’érosion à Kasangulu n’est qu’un exemple parmi d’autres le long de la Route Nationale n°1 (RN1) Kinshasa-Matadi, où la dégradation du réseau devient préoccupante. Selon les estimations, près de 13 % des recettes générées par cette route sont consacrées à la réparation des érosions, un coût jugé trop élevé par les autorités.

Dans cette optique, l’ACGT prévoit de lancer une opération de diagnostic sur tout le tronçon Kinshasa-Matadi afin d’identifier les points sensibles et d’intervenir avant l’apparition de nouvelles érosions, ce qui permettrait de réduire considérablement les coûts d’entretien.

2.⁠ ⁠Autres zones sous menace

Au cours de sa tournée, le ministre Alexis Gisaro s’est également rendu sur deux autres sites préoccupants à Kinshasa. Sur la route By-pass, une tête d’érosion de plusieurs mètres de profondeur menace la circulation près du rond-point Ngaba, conséquence directe des fortes pluies du 2 mai. À Selembao, l’avenue ex-24 novembre est également menacée de coupure.

Ces cas illustrent les conséquences d’un mauvais système de drainage, souvent aggravé par l’obstruction des caniveaux par des déchets ou des constructions anarchiques dans des zones non aedificandi.

3.⁠ ⁠Appel à la responsabilité collective

Face à ces menaces, le ministre a lancé un appel à la conscience collective. Il a insisté sur la nécessité pour la population de construire uniquement dans des zones viabilisées et respectant les normes d’urbanisme, tout en exhortant les autorités locales à mieux contrôler la délivrance des autorisations de bâtir. « Il faut que les gens construisent à des endroits suffisamment aménagés et urbanisés pour éviter ce type de drames », a déclaré le ministre Gisaro.

Cette visite, à la fois technique et pédagogique, marque la volonté du gouvernement de renforcer la prévention des risques d’érosion et d’assurer la sécurité des infrastructures routières. Il a par ailleurs rappelé que le Président de la République a donné des instructions claires : toutes les constructions illégales dans des zones à risque seront démolies. Des opérations ont déjà commencé du côté de l’OUA, et d’autres sont annoncées à la baie de Ngaliema.

Le ministre a également mis en garde contre les occupations illégales des emprises des rivières, comme celles de Ndjili, Funa, Bitshaku-Tshaku et Makelele. Selon lui, il est impératif de démolir toutes les constructions édifiées sur ces lits naturels afin de garantir l’écoulement optimal des eaux vers le fleuve Congo, limitant ainsi les risques d’inondation et d’érosion.

Profitant de cette descente, le ministre Alexis Gisaro a annoncé le lancement imminent de travaux d’urgence, notamment en matière de drainage et de réhabilitation de certaines artères clés de Kinshasa.