La République Démocratique du Congo et la République de Zambie ont franchi une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération bilatérale. Une rencontre de haut niveau s’est tenue ce jeudi 29 janvier 2025 à l’Hôtel Rotana de Kinshasa, sous la présidence du ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza Lunda, autour de la gestion et de l’harmonisation des infrastructures routières concédées entre les deux pays. Cette réunion stratégique s’inscrit dans la droite ligne de la vision des présidents Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO et HAKAINDE HICHILEMA, résolument engagés en faveur d’une intégration régionale pragmatique et d’une diplomatie de proximité.

Une volonté politique affirmée pour des infrastructures intégrées.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre John BANZA LUNDA a souligné la nécessité d’une coordination étroite entre Kinshasa et Lusaka afin d’optimiser l’impact des projets routiers transfrontaliers. « Pour maximiser les bénéfices de ces projets structurants, une harmonisation dans la gestion est essentielle, notamment dans l’élaboration des plannings et la mise en place d’un cadre conjoint d’évaluation », a-t-il déclaré. Le ministre des infrastructures a rappelé le rôle central de la RDC comme hub logistique et facilitateur des échanges économiques dans la sous-région.
Le Ministre des Infrastructures, du logement et du développement urbain de la Zambie Charles MULUPI, invité a prononcé son allocution, a apporté des chiffres éloquents justifiant l’urgence de cette concertation. Grâce aux récentes réformes opérationnelles, le flux à la frontière de Kasumbalesa a augmenté de 500 camions supplémentaires par jour, résorbant progressivement des files d’attente qui atteignaient autrefois 3 000 véhicules.
Lors des échanges la parole a été donnée aux différents concessionnaires œuvrant sur des routes transfrontalières entre la RD. Congo et la Zambie. C’est notamment :
- TOHA & SAND STONE Consortium qui ouvre sur la route Kolwezi – Sakania – Lumbwana – Kambimba,
- GED AFRICA qui est sur la route Kasomeno-Mwenda,
- MESSERS BROADWAY CAPITAL INVESTMENT LIMITED/ present sur la route Solwezi – Kipushi
- JIAYOU concessionaire de la route Kasumbalesa- Sakania
- Et VASTE RESEAUX DE SERVICE TRANSVERAUX qui opère sur la route Likasi Borne 32
Après une introduction du Directeur Général l’ingénieur Nico NZAU NZAU qui a succinctement présenté les différentes concessions et leur importance, Blaise KUMBA SHUKULU, Directeur à l’ACGT a expliqué le fonctionnement des différentes concessions qui concernent les deux pays. S’inscrivant dans la stratégie nationale de développement des infrastructures routières, le Gouvernement congolais, à travers le Ministère des Infrastructures et Travaux Publics (MIN-ITP), mobilise divers mécanismes de financement, dont le Partenariat Public-Privé (PPP).
Dans ce cadre, l’ACGT assure la gestion de 17 concessions routières à travers le pays. Parmi elles, six axes stratégiques assurent la connexion entre la RDC et la Zambie, avec un accent particulier mis sur les spécificités, les enjeux et l’impact de ces différentes concessions. La participation d’acteurs privés tels que Sunstone, Borderway Capital et M-Vail Investment illustre la volonté partagée de confier au secteur privé un rôle clé dans le financement, la construction et la maintenance des axes stratégiques, notamment la route Ndola–Sakania.
Des engagements concrets pour lever les blocages logistiques.
Au-delà des discours, cette rencontre vise des résultats opérationnels. Les équipes techniques des deux pays travaillent désormais sur :
- L’harmonisation des calendriers de travaux ;
- La résolution concertée des contraintes techniques rencontrées par les concessionnaires ;
- Le renforcement de la sécurité et l’accélération des formalités frontalières.
- La mise en place des comités techniques chargés de la mise en œuvre effective de l’accord bilatéral sur le poste frontalier à arrêt unique.
La réunion s’est achevée sur une note d’optimisme partagé. Les deux gouvernements ont réaffirmé leur ambition commune de transformer cette frontière de plus de 1 900 kilomètres en un véritable corridor de développement, au service d’une prospérité partagée entre la RDC et la Zambie.
Sandra UMBA




